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 abandon

autonomie

changement

client

danger

différence

dogme

droit chemin

durée

dépendance

dépression

déprimer

désintoxication

désir

égarement

émotions

folie

impermanence

inconfort

instincts, intuition

lutter contre...

naturel

neutralité

ouverture

pouvoir

primitif

problème

projection

recettes

rejet

respect

ressources

risque (courir)

risques (éviter)

réagir

réveil

révolte

silence

sincérité

solitude

spoliation

systèmes

transfert

valeurs fausses

 

 

 

DIALOGUE POUR UN SEMBLANT DE MANIFESTE

derrière une sérénité apparente,             
parfois tout autre chose...

Notre approche, une réappropriation de soi par soi...

Réappropriation... mais encore ?

Notre vie, on a tendance à l'oublier, est à nous, à personne d'autre. A moins qu'on ne l'ait remise entre les mains d'une tierce personne investie d'un pouvoir quelconque. Dans ce cas, pas étonnant que ça coince ! Mais on nous avait bien prévenus qu'elle n'était pas une partie de plaisir.
Réappropriation. Enfonçons-nous ça dans le crâne : nous sommes le seul propriétaire de ce véhicule que nous empruntons à longueur de temps, le seul pilote et le seul navigateur. Mais tout le monde ne l'entend pas de cette oreille. Et nous, comment l'entendons-nous ? N'aurions nous pas tendance à nous laisser conduire dans notre propre voiture par quelqu'un qui n'en fait qu'à sa guise ?

Possible, mais c'est quand même cool de pas avoir à se prendre la tête.
Les embouteillages, se garer, faire le plein, le contrôle technique...

Cool, jusqu'au jour où on se réveille, se rendant compte qu'on n'est qu'un bon toutou qui ne fait rien sans l'assentiment de son maître, lui obéissant au doigt et à l'oeil. Et ce que nous croyons être nos désirs, ce sont les siens, pas les nôtres. Quand on se rend compte de ça, question autonomie, aïe aïe aïe !

Quoi, aïe aïe aïe ?

Ben ça brasse... Et là, soit on nous remet dans le « droit chemin » en nous demandant de nous plier aux règles instituées par ceux qu'elles servent ou sous prétexte que "c'est pour notre bien", soit on nous jette comme une vieille chaussette.  Et là, ça fait mal.

La crise, quoi ! Alors autant ne pas bouger d'une oreille.
Au moins, y'a pas de
risques.

C'est comme on veut. Ne pas réagir et continuer à courber le dos, pourquoi pas, si on a le dos large et solide... Mais la crise c'est l'occasion de reprendre possession des lieux. Faudra peut-être repasser le permis, faire une révision, apprendre à trouver son chemin, mais au final ce sera l'échappée belle, la réappropriation. Comme un proprio qui récupère un squat occupé depuis  longtemps. Vu que pas mal de squatters finissent par s'imaginer être chez eux, c'est d'ailleurs pas du tout cuit.

Oui mais c'est pas leur appart, et le propriétaire, c'est normal qu'il
récupère son bien. Il est quand même chez lui, non ?

Oui et pourtant on est toujours prêt à se faire spolier.
En tout cas, une fois les lieux réinvestis, finies les vieilles façons de voir les choses. A voir l'étendue du désastre, c'est la panique, mais comme il faut y aller, on fait comme on fait dans ce cas-là : on retrousse les manches et on y va. Avec les premiers coups de pioche revient l'appétit, et avec lui revient le
désir.  Notre désir à nous, pas celui des autres. Le désir de vivre sa vie, avec le plaisir d'être soi, même si le nirvana n'est pas au rendez-vous tous les jours.

Ah ! bon ?

On a alors plus qu'à s'installer au volant et à prendre la route, selon notre bon désir. Les machins en quoi on croyait, les valeurs qui nous bloquaient, tout  ce qui nous rendait dépendant, bon débarras et à nous l'aventure. Pas toujours facile, mais au moins, c'est du vivant.

Du vivant, peut-être, mais solitude, rejet et sentiment
d'
abandon garantis.

Comme on pouvait s'y attendre, à partir du moment où on ne leur sert plus, ceux qui nous utilisaient nous tournent le dos.
La
solitude est peut-être le prix à payer, mais ça vaut le coup.  On peut certes regretter d'être parti à l'aventure, mais d'avoir redressé la tête, ça n'est pas rien. Qu'on se rappelle de quel poids ils pesaient sur nous, notre cher maître, ses principes, sa « bienveillante affection » et sa prétendue générosité.

Vu comme ça...

La solitude, ça pèse, c'est vrai. Sauf que c'est de l'espace et du silence à soi, rien que pour soi. La solitude, ça permet de retrouver le sens des choses, des mots, des formes. Elle est ce qu'il y a de mieux pour trouver nos propres réponses à nos interrogations.
On se sent seul ?  Parfait ! Ça va nous pousser aux fesses pour qu'on fasse appel à nos propres
ressources. Et c'est là que ça va vraiment bouger.

C'est pas croire au père Noël, ça ?...

C'est pas du miracle, ni de la magie, et le père Noël, depuis qu'il n'y a plus de saisons... non ; c'est de l'implication et du boulot. Rien ni personne ne fera plus les choses pour nous, ni ne résoudra nos problèmes.
On disposera d'outils, mais les
recettes on devra les concocter soi-même, et sans attendre d'elles qu'elles produisent des miracles. Ce qu'il faut, c'est ni des étais ni de l'aspirine, mais un accompagnement qui dure le temps qu'il faut pour se tenir à peu près debout tout seul.

Et sur le terrain, ça se passe comment ?

Ça démarre toujours par une désintoxication : l'évacuation du poison virulent que sont les émotions non exprimées.
Emotions = toxines = neurones raplaplats ou qui décartonnent.. Plus le mental est intoxiqué, plus on se fait du cinéma, plus on perd le sens des réalités et moins on a de sens critique. Garder ses émotions, c'est s'empoisonner la vie, et s'empoisonner la vie, c'est de l'irrationnel bon teint.
Un peu de mécanique : vécu pas OK = émotions.
Emotions pas exprimées = pression plus tension. Plus on rajoute de couches, plus la pression monte, plus c'est tendu. jusqu'à la surpression. Le point de rupture atteint, c'est l'explosion suivie d'un effet d'implosion. Implosion = vide = dépression. Et on remet ça si on n'a pas compris le processus.

Les anti-dépresseurs, c'est fait pour les chiens ?

Non,  et grand bien leur fasse. Déprimer, c'est exprimer que quelque chose ne va pas. Sans dépression, peu de chance de s'en apercevoir. Sans nerfs sensitifs, le temps que ça infeste le cochon brûlé, on aurait vite fait de se brûler la main, le bras puis l'épaule sans qu'on s'en rende compte.
La dépression facteur de vie au même titre que la nuit. Supprimons la nuit et voyons ce qui se passe...
     
Dépression = expression. Le message des anti-dépresseurs c'est « tais-toi, endors-toi, on s'occupe de tout, on t'empêche d'avoir mal, et pense à dire merci. ». Les anti-dépresseurs ne gomment ni la conscience, ni le réel ; ils ne font que les endormir. Tout de suite ça va mieux, mais ça ne dure qu'un temps, avec toujours un réveil difficile.
Les anti-dépresseurs font tourner le dos à la conscience, font nier cette partie de la personne qui est déjà dans les choux et maltraitent le corps qui n'a pas besoin de ça. On s'étonne après que ça ne tourne pas rond.

Mais quand même, c'est parfois bien utile,
les anti-dépresseurs.

Oui, des fois. C'est un recours à ne pas écarter. Des fois. ça peut même ne pas faire de mal. Des fois. Et même faire du bien, comme lors de trop grandes souffrances physiques ou psychiques où ils deviennent indispensables, un temps.

Sorti des émotions, quoi d'autre ?

Se bouger les fesses !

C'est pas très nouveau, ça.

Se bouger les fesses, c'est s'ouvrir au monde et aux autres, ouvrir sa conscience. Marche d'approche en terrain connu puis grimpette à l'aventure. Promenade à l'horizontale puis à la verticale. S'ouvrir la conscience, c'est la faire décoller pour lui faire prendre de la hauteur. D'en haut, avec la distance, on a un point de vue tellement plus large. Quelque chose ne va pas dans la vie ? Occupons-nous en, mais juste pour le temps et l'énergie que ça mérite, pas plus. L'énergie, on a mieux à faire avec elle, comme s'ouvrir..
Imaginons... Je suis un
problème et j'ai trouvé acquéreur. Logis accueillant, bonne chair (les toxines émotionnelles), le luxe, quoi. On est aux petits soins pour moi, et plus on s'occupe de moi, moins j'ai envie de partir, plus je m'accroche. En tant que problème, je ne me sens jamais aussi bien que lorsqu'on s'intéresse à moi. Alors pour peu qu'on focalise sur ma petite personne, c'est le Paradis ! Imaginons un instant que mon hôte ouvre ses portes à d'autres, sympas de surcroît. Je deviens quoi dans cette histoire ? Je sers à quoi ?  Je n'ai plus qu'à vider les lieux et à faire les agences immobilières

Se bouger, s'ouvrir, accepter le changement, et mieux, le provoquer. Ce n'est pas en luttant sans cesse contre quelque chose qui nous escagasse qu'on s'en débarrasse, mais en installant quelque chose de nouveau.
Lutter d'arrache-pied contre un problème, c'est lui donner une importance et un pouvoir qu'il n'aurait pas sans cela ; c'est finir par ne plus voir les choses que par le mauvais bout de la lorgnette.

Vider les émotions, élargir la conscience, lui faire
jouer les spationautes... comment ?

Le plus naturellement du monde : en étant naturel.

Ça veut dire quoi ?

Instincts et intuition, ces deux états basiques qui, pour certains, font désordre, et qu'on a nous a encouragé, enfant, à oublier :  Instincts/intuition, ressenti/inspiration. Des vieux trucs de primitif. Le primitif, avec ses silences, ses mots qui disent ce qu'ils veulent dire, sa façon d'être sur le qui-vive à cause des risques et dangers de tout instant, son  état d'être dans l'impermanence. Celui jamais rassuré ni jamais assuré qu'il y ait un lendemain. Celui qui doit faire appel à tous ses sens, à ses ressources, à son inventivité pour pouvoir s'en sortir, question qu'il ne se pose d'ailleurs pas, ayant bien d'autres chats à fouetter.

L'inconfort comme moyen d'avancer ?

Si on pense au confort du chien-chien à sa mémère, oui.

Et les barges, les dingues, les idiots, les fous, les drogués, les pédés,
les gauchers, les anorexiques, les phobiques et les vrais.
Ceux qui sont
"différents". ?

Le mauvais goût, c'est le goût des autres, et « le fou ne se définit pas uniquement par quelque caractère intrinsèque, mais aussi par une décision de la société qui l'exclut de son sein » Lorsque la société elle-même est atteinte de folie, on peut s'attendre à tout : enfermer un "vrai fou" pour le protéger de lui-même et protéger les autres est une chose ; enfermer une société en est une autre... Les pédés, on en repalera. Sans ce mot qui ne peut avoir cours ici.

C'est quoi comme psy, comme école ? Cognitive ?
Comportementaliste ?
Systémique ?

Système hic, ben voyons ! Dans tous les systèmes il y a un hic. Les étiquettes et emballages, c'est de l'embobinement, du boniment, du bobard, de l'embrigadement, de la manip. Système hic ! Un système, c'est une fabrique de dogmes.
Coller un nom sur une maladie ou une déviance, à défaut de leur donner corps, ça les installe ; supprimer des noms de maladie de la nomenclature, ça les éradique.  Vrai ou faux ?  Ben ça dépend. Mais plus on en fait une loi absolue, plus ça a une odeur de soufre ou de moisissure d'Eglise. Le temps que ça se mette en place, ce qui était fait pour ouvrir a vite fait d'enfermer. Non, les vessies ne sont pas des lanternes, et dire que « le ressenti - ment » ou qu'avoir mal aux genoux est à mettre en relation avec « je - nous » est non seulement abusif, mais tarte. Étymologie, sémantique, pensée rationnelle (donc celle qui accepte l'irrationnel induit), ok. ; la bêtise, non.
Quelle « école » ? Toutes et aucune. Primaire.
Dans un plateau de petits-fours, je prends ceux que je préfère parmi ceux que j'ai déjà goûtés et j'essaie ceux qui me sont inconnus : va savoir s'ils ne seront pas extras.
Se référer à une école, oui, à condition qu'elle n'ait mis en place ni
dogme, ni pouvoir. Mais s'y référer avec réserve. Plus courants qu'écoles, d'ailleurs.  

Vachement simple... Il y a quand même
de quoi se sentir un peu
perdu...

Justement, c'est de ça qu'il s'agit. Trouver ou retrouver son chemin, ça implique l'égarement. Besoin d'une boussole, de cartes ? Chacun a ce qu'il faut en stock. Ne lui reste qu'à apprendre à s'en servir.

La relation avec le patient, la neutralité, les transferts,
les
projections et tout le tintouin, l'éthique... ça se passe comment ?

Un psy étant censé être un être humain, il n'est ni neutre, ni objectif. Point. Se méfier de ceux qui se disent être objectifs : ce sont soit des aliens, soit des robots, soit des lentilles d'appareil oculaire. On évitera le plus souvent de prendre parti, ce qui n'empêchera pas d'y aller franchement dans certains cas, comme lorsque le client a besoin d'un étai pour être soutenu.
Client, pas patient. Avec un client c'est donnant-donnant, dans le respect mutuel et dans l'intérêt des deux parties. Patient, faut l'être fichtrement pour accepter le trop souvent inacceptable.
Les
projections et transferts, ça se vit, ça s'explore, on y va ; on ne ment pas... ou du moins on essaie, avec sincérité. Après avoir baigné dans le mensonge et la manip sa vie durant, toute personne est en droit d'attendre honnêteté, authenticité et naturel de la part d'un interlocuteur censé l'aider à avancer dans la vie, et non pas la toute puissance d'un personnage qui se planquerait derrière un savoir, un pouvoir et des droits qui lui permettent d'inféoder son client, de l'installer dans la dépendance.
Du coup, exit langue de bois, langage d'initié et rendez-vous fixés d'autorité (de quel droit ou sous quel prétexte régis par quelle règle ?), mais fixés d'un commun accord, ce qui est le moins qu'on puisse faire pour commencer à mettre à mal dépendance et manque de
respect.

Quelle durée, combien de séances de travail pour bouger quelque chose ?

Ce qu'il faut pour que les premières graines se mettent à germer et qu'une dynamique de changement se mette en place. Mais tenir compte du temps qu'on a passé à installer ce qu'on reconnaît comme ne nous convenant pas. La destruction d'un grand bâtiment prend généralement moins de temps que sa construction, mais elle pose de bien autres difficultés. Sans compter la reconstruction.
Et dans tous les cas, c'est d'une révolution dont il s'agit. Avec ses dégâts collatéraux.

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L'univers créatif de Pierre CJ Vaissière® 1996-2010 - Derniere mise a jour : 10/10/2015
Conditions Générales d'Utilisation

 

 

 

 

Bien se l'enfoncer
dans le crâne



Être un bon toutou